Une étude publiée le 17 septembre 2026 par Pew Research Center, menée dans 36 pays auprès de plus de 42 000 personnes, dresse un état des lieux précis de ce que les habitants du monde entier pensent de l'IA et de son impact sur l'emploi. La France fait partie des pays interrogés. Voici ce que ces chiffres disent vraiment, et ce qu'ils changent — ou non — pour votre recherche d'emploi.
Une étude à grande échelle, la France incluse
L'enquête a été réalisée entre février et mai 2026 dans 36 pays — dont la France, l'Allemagne, les États-Unis, le Japon ou encore le Brésil — auprès d'un échantillon représentatif de la population adulte de chaque pays. C'est l'un des suivis les plus larges jamais menés sur la perception mondiale de l'IA, et il permet de comparer la France à d'autres économies comparables plutôt que de se fier à une impression isolée.
Ce que l'étude révèle
Une inquiétude majoritaire, mais pas unanime. Dans 34 des 37 pays étudiés, les personnes interrogées pensent que l'IA va globalement supprimer plus d'emplois qu'elle n'en créera. Cette inquiétude est plus forte dans les pays à revenu élevé : en Australie, en Corée du Sud ou aux États-Unis, environ 7 personnes sur 10 anticipent des pertes d'emploi liées à l'IA sur les 20 prochaines années.
Les femmes françaises plus inquiètes que les hommes. En France, les femmes sont 10 points de pourcentage plus nombreuses que les hommes à penser que l'IA va réduire le nombre d'emplois — un des écarts les plus marqués parmi les pays étudiés.
Les jeunes actifs, en première ligne de l'inquiétude. Dans plusieurs pays, dont la France, les 18-34 ans sont plus inquiets face à l'IA que les 50 ans et plus. Un paradoxe apparent, puisque ce sont souvent les plus jeunes qui utilisent le plus ces outils au quotidien — mais aussi ceux qui entrent sur un marché du travail encore incertain.
Une inquiétude qui progresse, y compris chez les plus âgés. En France, la part de personnes plus préoccupées qu'enthousiastes vis-à-vis de l'IA a augmenté ces derniers mois, et ce, aussi chez les 50 ans et plus — un mouvement observé aussi en Hongrie et aux Pays-Bas.
Mais une part importante de sondés reste incertaine. Selon les pays, jusqu'à 4 personnes sur 10 disent ne pas savoir comment l'IA va affecter l'emploi dans leur pays. Le sujet est loin d'être figé dans les esprits.
Le chiffre qui nuance tout : mieux informé, moins anxieux
C'est sans doute l'enseignement le plus utile de l'étude : dans de nombreux pays, les personnes qui déclarent bien connaître l'IA se disent globalement plus optimistes que celles qui la connaissent peu. En Allemagne par exemple, parmi les personnes très informées sur l'IA, seules 26 % se disent plus inquiètes qu'enthousiastes — contre 41 % chez celles qui en ont peu ou pas entendu parler.
Autrement dit : ce n'est pas l'IA en tant que telle qui alimente le plus l'inquiétude, mais l'incertitude qui l'entoure. Et l'incertitude se réduit avec l'information, pas avec l'évitement.
Ce que ça change concrètement pour votre recherche d'emploi
Ces chiffres ne sont pas qu'un sujet de conversation : ils touchent directement à la manière dont on peut vivre sa recherche d'emploi aujourd'hui.
- Votre inquiétude est légitime, et largement partagée. Ce n'est pas un signe de fragilité personnelle : c'est un sentiment majoritaire, y compris chez des actifs en poste.
- L'IA transforme des tâches plus souvent qu'elle ne supprime des métiers entiers. La plupart des postes combinent des tâches automatisables et des tâches qui reposent sur le jugement, la relation humaine ou l'adaptation — des compétences qui restent recherchées.
- L'IA est déjà présente dans le recrutement, notamment via les logiciels de tri de CV. Savoir comment votre candidature est lue fait aussi partie de s'adapter à ce contexte (voir notre article sur les CV et les logiciels ATS).
- Savoir en parler peut devenir un atout en entretien. Montrer que vous comprenez comment l'IA transforme votre secteur, plutôt que de l'ignorer ou de la subir, est perçu positivement par de nombreux recruteurs.
- S'informer reste le meilleur levier contre l'anxiété. L'étude le montre : la connaissance réduit l'inquiétude bien plus efficacement que l'évitement du sujet.
Si cette actualité pèse sur votre moral au quotidien, sachez que ce n'est pas anodin non plus : notre article sur la santé mentale pendant la recherche d'emploi propose des pistes concrètes.
Questions fréquentes
- L'IA va-t-elle vraiment supprimer des emplois ?
- L'étude montre que c'est la perception majoritaire dans le monde, mais elle mesure une opinion, pas une projection économique certaine. Les avis des experts eux-mêmes divergent sur l'ampleur réelle de l'impact, et une part significative des personnes interrogées se dit incertaine.
- Pourquoi les jeunes sont-ils plus inquiets que leurs aînés ?
- Plusieurs hypothèses : ils entrent sur un marché du travail où l'IA est déjà largement utilisée, ils sont plus exposés à l'actualité sur le sujet, et ils ont statistiquement plus d'années de carrière devant eux pour en ressentir les effets.
- Faut-il éviter certains métiers à cause de l'IA ?
- Rien dans l'étude ne permet de l'affirmer poste par poste. Elle mesure une perception générale, pas un diagnostic métier par métier. Se renseigner sur l'évolution concrète de son secteur reste plus utile qu'une décision basée sur une inquiétude générale.
